Leasing auto 2024 : ces contrats LOA/LLD que l'UFC-Que Choisir juge « piégeux » avec leurs frais cachés et factures finales salées

Alors que 67 % des voitures neuves sont financées en leasing automobile, l’UFC-Que Choisir dénonce des contrats truffés de pièges pour les ménages. Frais cachés, pannes, accidents de la vie : savez-vous vraiment ce que vous signez ?
Une voiture neuve pour quelques centaines d’euros par mois, sans crédit auto affiché : sur le papier, le leasing automobile rassure de plus en plus de ménages. Cette location avec loyers fixes, souvent assortie d’un faible apport, s’est imposée dans les showrooms des constructeurs. Mais derrière ces mensualités attirantes, l’association UFC-Que Choisir alerte sur des contrats qu’elle décrit comme piégeux pour les consommateurs.
En 2024, 67 % des véhicules particuliers neufs immatriculés au nom de personnes physiques ont été financés en leasing, qu’il s’agisse de location avec option d’achat (LOA) ou de location longue durée (LLD). L’UFC-Que Choisir a interrogé 1 285 consommateurs et passé au crible près de 1 000 témoignages de litiges. Le phénomène gagne aussi l’occasion, avec 82 000 ménages en LOA en 2023 contre 114 000 en 2024, soit +39 %.
Leasing automobile : des frais cachés et des contrats rigides
Premier écueil, les frais de restitution facturés à la fin du contrat : un locataire sur quatre en a payé, pour 1 200 euros en moyenne, essentiellement pour des pneus ou de la carrosserie. Parmi eux, 65 % jugent ces sommes injustifiées. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé 101 établissements entre avril 2023 et juin 2024, en relevant des anomalies dans la moitié des cas. « Ce qui me choque, c’est que la DGCCRF a contrôlé 101 établissements (1) et trouvé des anomalies dans la moitié d’entre eux. Et parmi les consommateurs qui ont payé des frais à la restitution, 65 % estiment qu’ils n’étaient pas justifiés. On n’est pas sur des accidents isolés, on est sur un système. Et c’est ça qu’on veut changer », déclare Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir, citée par Que Choisir.
Autre pratique dénoncée, certains contrats prévoient que les loyers continuent de courir même quand le véhicule est immobilisé en cas de panne. L’association résume que « sortir du contrat relève du parcours du combattant » lorsqu’un décès, une maladie, une perte d’emploi, une séparation ou un arrêt de la conduite survient. Les héritiers ou le conjoint survivant peuvent se retrouver à devoir poursuivre les versements, racheter le véhicule ou affronter une procédure de recouvrement, sans information claire sur leurs droits. Dans le cadre d’une LOA, 56 % des locataires ne rachètent pas la voiture en fin de contrat, ce qui signifie plusieurs années de loyers sans constitution de patrimoine et souvent un nouveau contrat à la clé.
LOA, LLD : un angle mort légal et quatre mesures réclamées
Sur le plan juridique, LOA et LLD n’offrent pas aujourd’hui les mêmes garde-fous. La LOA relève déjà du crédit à la consommation, et la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, dont la transposition est prévue pour novembre 2026, doit encore renforcer cet encadrement. La LLD, en revanche, reste en dehors de ce cadre, sans socle de protection équivalent pour le locataire, alors même que ses volumes ont bondi de 67 % en un an. L’UFC-Que Choisir souligne que « certains professionnels orientent délibérément leurs clients vers ce produit parce qu’il est moins contraignant pour eux », un angle mort d’autant plus interresant que le leasing d’occasion, plus exposé au risque de panne, progresse lui aussi vite.
Face à ces constats, l’association avance quatre mesures clés :
- un droit de résiliation sans frais en cas d’accident de la vie, pour tous les contrats de leasing ;
- une information précontractuelle standardisée sur le coût total, les frais de restitution et le prix d’une sortie anticipée ;
- l’interdiction des clauses qui transfèrent au locataire les risques de panne ou de vice du véhicule ;
- l’extension à la LLD des protections du crédit à la consommation, dont droit de rétractation, évaluation de solvabilité et encadrement de la publicité.
En bref
- En 2024, le leasing automobile finance 67 % des voitures particulières neuves, tandis qu’une enquête de l’UFC-Que Choisir et des contrôles de la DGCCRF révèlent un marché loin d’être anodin pour les ménages.
- Frais de restitution élevés, loyers qui continuent malgré les pannes, contrats impossibles à rompre en cas d’accident de la vie et angle mort juridique de la LLD composent le cœur des dérives dénoncées.
- Face à ces contrats piégeux, entre mesures réclamées par l’UFC-Que Choisir et réflexes à adopter avant de signer ou en cas de litige, le consommateur dispose encore de leviers à actionner.







