Livret A chez Trade Republic : découvrez le nom de la banque française qui se cache réellement derrière l'offre

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Livret A chez Trade Republic : découvrez le nom de la banque française qui se cache réellement derrière l'offre

Le 20 août 2026, Trade Republic permet d’ouvrir un Livret A depuis son app en France, en visant les 57 millions d’épargnants déjà conquis par ce placement. Mais derrière cet écran unique, c’est AXA Banque qui porte le produit et les obligations qui y sont liées.

Proposer le Livret A directement dans une application de trading, sans agence ni conseiller en face, c’est le nouveau pari de la fintech allemande Trade Republic, lancée en 2015 en Allemagne puis en 2021 en France. Après Revolut et l’annonce de sa licence bancaire française début août, l’acteur venu de Berlin veut s’inviter sur le produit d’épargne préféré des ménages français, ce petit livret que 83 % de la population détient déjà, pour un encours de 440 milliards d’euros selon le rapport 2025 de l’épargne réglementée de la Banque de France. Mais derrière l’annonce, une question se pose : qui gère vraiment cet argent censé financer le logement social et l’économie française ?

À partir du 20 août 2026, les clients français peuvent ouvrir ce Livret A depuis l’app de Trade Republic, l’alimenter et le consulter au même endroit que leur compte-titres ou leur PEA. « Avec un IBAN français, un compte titres, un PEA et désormais le livret A, nous réunissons la banque, l’épargne et l’investissement français au sein d’une seule application », s’enthousiasme Vincent Grard, le responsable France de Trade Republic, cité par Challenges. La rémunération suit le taux réglementé, porté à 1,7 % net par an depuis le 1er août 2026. À l’écran, tout semble indiquer que la fintech devient une banque française comme les autres. La réalité est un peu plus subtile.

Un Livret A de masse, piloté depuis l’application Trade Republic

En visant le Livret A, Trade Republic cible un produit de masse : fin 2025, 57 millions de Français, soit 83 % de la population, en détenaient un selon la Banque de France. « Le Livret A est une exception culturelle française, il n’existe nulle part ailleurs en Europe », rappelle-t-il. Dans l’application, ce livret suit les mêmes règles qu’en agence : taux réglementé de 1,7 % net, plafond à 22 950 euros, intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. « Le déploiement s’effectue par paliers. L’objectif est que tout le monde puisse y accéder aujourd’hui », a indiqué Vincent Grard, directeur France de Trade Republic, les clients devant simplement disposer de la dernière version de l’appli pour voir apparaître cette nouvelle brique d’épargne.

Produit Taux affiché Plafond Usage principal
Livret A Trade Republic 1,7 % net par an 22 950 euros Épargne de précaution ou projet
Compte rémunéré Trade Republic 3 % brut par an 50 000 euros Argent du quotidien

Pour autant, ce Livret A ne vient pas remplacer le compte rémunéré maison de Trade Republic. La fintech propose déjà un compte courant rémunéré à un taux brut de 3 % par an jusqu’à 50 000 euros. « Mais ce ne sera pas le même usage : le compte rémunéré est celui qui sert tous les jours au client, tandis que le livret A permet de se constituer une épargne de précaution ou pour un projet précis », explique Vincent Grard. Les détenteurs d’un Livret A dans une autre banque doivent en revanche le clôturer avant d’en ouvrir un nouveau chez Trade Republic, les intérêts accumulés étant versés par l’établissement d’origine au moment de la fermeture.

AXA Banque en coulisses : qui porte vraiment le Livret A Trade Republic

Derrière cette interface unifiée, le Livret A proposé par Trade Republic n’est pourtant pas porté par la fintech elle-même. L’établissement allemand se contente de distribuer le produit, tandis que les dépôts sont effectués auprès de AXA Banque, qui en assure la gestion. La société, qui dispose du statut d’établissement de crédit, aurait pu théoriquement prendre en charge ce livret. Elle a préféré s’appuyer sur un acteur installé, car la réglementation impose d’affecter 40,5 % des sommes collectées à des crédits, principalement aux PME, le reste étant centralisé par la Caisse des dépôts ; or ces activités de crédit et d’offre aux professionels n’existent pas encore chez Trade Republic.

Acteur Rôle sur le Livret A Où va l’argent Particularité
Trade Republic Distribution et interface dans l’application Transmet les dépôts à AXA Banque Fintech d’origine allemande
AXA Banque Porteur du Livret A Reçoit et gère les dépôts Banque française de détail
Caisse des dépôts Centralise une partie des fonds Garde la collecte centralisée Rôle prévu par la loi
Réglementation Livret A Impose 40,5 % en crédits Financement surtout des PME Contraintes que Trade Republic délègue

Ce montage en dit long sur la stratégie de Trade Republic en France : miser sur une application unique pour rassembler compte-titres, PEA, Livret A et compte rémunéré, tout en laissant à des banques comme AXA Banque le rôle d’interlocuteur privilégié pour les produits les plus encadrés. Lancé en 2025, le PEA maison, proposé sans frais de courtage pour les plans d’investissement programmés, a déjà séduit l’ouverture ou le transfert de 400 000 plans, soit près de 6 % du marché, malgré quelques couacs au démarrage : « je n’arrivais pas à passer d’ordres sur l’appli et le service clients était injoignable », se souvient un client interrogé par Challenges. « Et toutes les actions et ETF éligibles au PEA ne sont pas accessibles chez eux, en réalité ! », tacle un concurrent, cité par Challenges. Reste aussi un angle mort dans l’offre française de la fintech, l’assurance-vie, alors que près de 20 millions d’épargnants en détiennent déjà au moins une.

En bref

  • Depuis le 20 août 2026, Trade Republic propose l’ouverture et la gestion d’un Livret A dans son application pour les épargnants français déjà massivement équipés.
  • En réalité, la fintech allemande ne porte pas ce Livret A, adossé à AXA Banque qui reçoit les dépôts et applique les règles strictes de l’épargne réglementée.
  • Ce montage entre application de trading et banque de détail interroge sur la stratégie de Trade Republic en France et sur l’intérêt concret pour les particuliers.
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