Prix du gazole : Leclerc révèle les centimes cachés par litre qui font vraiment flamber votre plein à la pompe

Alors que les prix du gazole frôlent 2,50 € le litre, Michel-Édouard Leclerc accuse frontalement les raffineurs de gonfler leurs marges. Entre chiffres de la CLCV et poids des taxes, le vrai partage du litre de carburant réserve des surprises.
À chaque plein, la note grimpe un peu plus et les prix du gazole comme de l’essence se rapprochent des 2,50 € le litre dans de nombreuses stations. Pour beaucoup d’automobilistes, la hausse ressemble à un dérapage incontrôlé, alors que le contexte géopolitique reste tendu du Moyen-Orient au détroit d’Ormuz. Dans ce climat électrique, la question revient partout : qui profite vraiment de cette envolée des prix du carburant en France, des puits de pétrole jusqu’aux pompes ?
Sur le plateau de BFMTV/RMC, Michel-Édouard Leclerc a confié : « Je ne pensais pas que ça irait si vite », avant de dénoncer une « flambée artificielle » qui « dure » et de désigner clairement les raffineurs comme « les profiteurs » de la séquence actuelle, rapporte Presse-citron. Selon lui, « Ils gagnent plus aujourd’hui que le prix du pétrole en raffinant le pétrole », avec des marges de raffinage pouvant grimper jusqu’à « 100 dollars par baril », soit environ 92 € ; dans le même temps, il assure que les distributeurs comme E.Leclerc ne toucheraient qu’un centime de marge par litre vendu. Derrière ce coup de gueule très médiatisé se cache un sujet plus technique : celui des marges de raffinage carburant en France, qui n’évoluent pas de la même façon selon les produits.
Pourquoi Michel-Édouard Leclerc vise les marges de raffinage des carburants
Pour Michel-Édouard Leclerc, la colère vient aussi du fait que l’État convoque les distributeurs à Bercy, alors que, selon lui, ils ne pèseraient presque rien dans la hausse actuelle. Il martèle que les enseignes ne gagneraient « qu’un centime de marge par litre écoulé » sur les carburants et que l’essentiel de la hausse se joue en amont, au niveau du raffinage, appellé à transformer le pétrole brut en gazole, essence ou kérosène. À ses yeux, ce maillon est devenu le coeur du problème.
Pour enrayer la hausse, Michel-Édouard Leclerc défend une suspension de trois mois d’environ 20 centimes par litre liée aux certificats d’économies d’énergie, ces obligations réglementaires imposées aux fournisseurs d’énergie. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, il ne croit pas au plafonnement des prix et lui préfère un retour à une « fiscalité flottante à la Jospin ». Il souhaite aussi que les dispositifs d’aide touchent davantage de secteurs frappés par la crise : « On a fait du sur-mesure, mais il faudra des mesures collectives si ça dure trop longtemps », affirme-t-il. Du côté de la CLCV, on souligne que ces certificats peuvent déjà peser jusqu’à 15 centimes par litre sur le prix final, tout en pointant une forte augmentation des marges tout au long de la chaîne, surtout dans le raffinage du gazole, et appelle les raffineurs comme l’ensemble de la chaîne de production à revoir leur politique tarifaire après la réouverture du détroit d’Ormuz.
Les chiffres des marges de raffinage carburant en France, entre essence et gazole
Les données publiées par la CLCV permettent de mesurer concrètement cette bascule. Sur l’essence SP95-E10, les marges de raffinage restent contenues : après 10,2 centimes par litre en moyenne en 2025, elles reculent à 6,7 centimes en janvier et février 2026, puis à 4,6 centimes début avril. Pour le gazole, en revanche, la marge de raffinage atteint 36,4 centimes par litre au 3 avril 2026, contre 13,2 centimes en moyenne en 2025, soit près du triple de la moyenne annuelle précédente. Une trajectoire qui alimente les critiques de « profit » sur ce segment précis du marché.
| Carburant | Marge 2025 (c€/L) | Jan–fév 2026 (c€/L) | Début avril 2026 (c€/L) | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| SP95-E10 | 10,2 | 6,7 | 4,6 | marge en baisse |
| Gazole | 13,2 | 25,7 (début mars) | 36,4 (3 avril) | forte hausse (≈ x3) |
Ces marges ont surtout bondi dans un contexte où ce ne sont plus les barils de brut qui manquent, mais les volumes de produits déjà raffinés, pénalisés par les attaques contre des raffineries russes ou du Moyen-Orient et par les tensions autour du détroit d’Ormuz. En 2024, le gouvernement estimait que la composante « raffinage » pesait environ 7 % du prix TTC du gazole et du SP95-E10, contre près de 14 % pour le transport et la distribution, les taxes et la TVA représentant la plus grosse part, autour de 53 % du prix final. Il s’agit de marges brutes, qui couvrent aussi l’énergie consommée par les installations, la maintenance ou les salaires des sites, ce qui n’empêche pas certains distributeurs, comme Dominique Schelcher (Système U), de constater des marges « fortement augmenté, fois trois, fois quatre » au niveau du raffinage et de juger que « ce maillon » pouvait « peut-être aujourd’hui faire un effort », a-t-il déclaré, cité par TF1Info. Dans ce débat, l’industrie pétrolière défend une logique de marché où les prix suivent la rareté des produits raffinés, tandis que des associations comme la CLCV ou des responsables politiques demandent aux raffineurs de réduire leurs marges ou d’être davantage taxés sur leurs superprofits.
| Poste de coût | Part du prix TTC | Rôle |
|---|---|---|
| Raffinage | ≈ 7 % (2024) | Transformation du pétrole brut |
| Transport et distribution | ≈ 14 % (2024) | Acheminement et stations-service |
| Taxes (accise et TVA) | ≈ 53 % (2024) | Recettes fiscales de l’État |
| Autres éléments | reste du prix | Coût du brut et divers |
En bref
- Depuis début 2026, les prix des carburants en France approchent 2,50 €/L, sur fond de tensions géopolitiques et de débat public sur les marges de raffinage.
- Sur BFMTV/RMC, Michel-Édouard Leclerc dénonce une flambée artificielle, vise les raffineurs accusés de profiter du gazole et met en avant le rôle des certificats d’économies d’énergie.
- Les données de la CLCV et la décomposition officielle du prix à la pompe éclairent qui capte quoi sur chaque litre et quelles pistes pourraient réellement alléger la facture.








