Smic : la revalorisation de 2,4 % au 1er juin arrive, ce que vous allez vraiment toucher en plus
Annoncée le 13 mai par Jean-Pierre Farandou, la hausse automatique de 2,4 % du Smic au 1er juin 2026 relance le débat sur le pouvoir d’achat. Entre inflation sur l’énergie et fiches de paie à ajuster, les salariés concernés s’interrogent déjà sur les effets concrets.

Les salariés payés au Smic verront leur salaire grimper dès le 1ᵉʳ juin 2026. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé une hausse automatique de 2,4 % du salaire minimum, déclenchée par le retour de l’inflation au‑dessus de 2 %. Les prix à la consommation ont progressé de 2,2 % sur un an en avril, après 1,7 % en mars, selon l’Insee. L’enjeu est clair : protéger, au moins en partie, le pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes.
Jean-Pierre Farandou parle d’une « bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français qui ont des revenus modestes », tout en assumant le caractère purement automatique de la mesure : cette hausse « n’est pas un coup de pouce » mais « une revalorisation mécanique du Smic qui est liée à notre système social français ». Cette revalorisation intervient après une augmentation de 1,18 % au 1ᵉʳ janvier 2026, qui avait porté le Smic à 1 443 euros nets par mois, sans coup de pouce, et le dernier geste de ce type remonte à juillet 2012, rappelle le journal économique La Tribune.
Une hausse automatique de 2,4 % du Smic au 1ᵉʳ juin 2026
Le ministre du Travail a officialisé cette revalorisation le 13 mai, en détaillant la mécanique à l’œuvre. « Le Smic va augmenter autour de 2,4 %, on est en train d’affiner le deuxième chiffre après la virgule mais en tout cas on peut annoncer déjà 2,4 % d’augmentation du Smic dès le 1ᵉʳ juin », a déclaré Jean-Pierre Farandou. Le calendrier est serré pour les employeurs, qui devront ajuster leurs bulletins de paie dès le salaire de juin.
Concrètement, le Smic est aujourd’hui fixé à un taux horaire de 12,02 euros brut, soit 1 823,03 euros bruts par mois pour 35 heures, selon le magazine économique Capital. La hausse de 2,4 % le fera passer à 1 866,78 euros bruts par mois. « Environ 44 euros bruts de plus par mois, donc c’est substantiel », a commenté Jean-Pierre Farandou, qui met en avant un gain immédiat pour les bas salaires, même si la hausse reste automatique.
Pourquoi le Smic augmente avec le retour de l’inflation
En France, le salaire minimum est indexé en partie sur les prix. Le mécanisme est double : une revalorisation a lieu chaque 1ᵉʳ janvier, puis une hausse supplémentaire intervient en cours d’année lorsque l’inflation dépasse 2 % pour les ménages les plus modestes. Dans ce cas, le Smic progresse dans les mêmes proportions que les prix, explique La Tribune, ce qui déclenche mécaniquement la hausse de 2,4 % annoncée pour le 1ᵉʳ juin.
Cette poussée des prix vient surtout de l’énergie, dont les tarifs ont bondi de 14,3 % sur un an en avril, tirés par le pétrole et les carburants, selon l’Insee. « Nous ne voyons pas de diffusion de cette hausse des prix de l’énergie vers les autres biens et services », a observé François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, qui surveille les fameux effets de second tour sur l’ensemble de l’économie.
Ce que la revalorisation du Smic change pour les salariés
Pour un salarié à temps plein payé au minimum légal, les 44 euros bruts mensuels supplémentaires se traduiront par quelques dizaines d’euros nets en plus sur la fiche de paie. À temps partiel, le gain sera proportionnel au nombre d’heures travaillées. De nombreux minima conventionnels alignés sur le Smic devront aussi être réajustés, tout comme certaines primes et indemnités indexées, ce qui peut entraîner une hausse de la masse salariale pour les petites entreprises mais offre un léger bol d’air aux bas revenus.
En bref
- Le 13 mai 2026, Jean-Pierre Farandou annonce au ministère du Travail une revalorisation automatique de 2,4 % du Smic liée à l’inflation d’avril.
- Le salaire minimum passe de 12,02 € brut de l’heure à un montant revalorisé, avec un gain d’environ 44 € bruts pour un temps plein.
- Entre inflation portée par l’énergie, réajustement des minima conventionnels et impact sur aides ou primes, les effets réels sur les foyers restent à mesurer précisément.








