Crypto et corruption : une plainte accuse Donald Trump d'avoir touché 2 milliards de dollars des Émirats via son stablecoin USD1

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Crypto et corruption : une plainte accuse Donald Trump d’avoir touché 2 milliards de dollars des Émirats via son stablecoin USD1

Le 22 octobre, un actionnaire de Circle saisit un tribunal fédéral à Washington pour accuser Donald Trump et World Liberty Financial d’avoir profité de deals crypto liés aux Émirats via l’USD1. Au cœur de la bataille, plus de 2,5 Md$ et une clause explosive de la Constitution.

Donald Trump se retrouve une nouvelle fois rattrapé par ses affaires dans les cryptomonnaies. Alors qu’il a fait de son soutien aux actifs numériques un argument de campagne, une nouvelle action en justice l’accuse d’avoir profité d’accords crypto conclus avec des entités liées aux Émirats arabes unis, via le stablecoin USD1 de sa société familiale World Liberty Financial. En toile de fond, plus de 2 milliards de dollars, soit des montants proches en euros, de transactions et une question sensible : ces revenus relèvent-ils d’avantages étrangers interdits par la Constitution américaine ?

La plainte, déposée le jeudi 22 octobre devant le tribunal fédéral de district de Washington, émane de J. Benjamin Greenberg, actionnaire de Circle et ancien salarié de l’émetteur du stablecoin USDC. Selon ce document, Donald Trump, des sociétés qui lui sont liées, World Liberty Financial et plusieurs associés, dont l’envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff, auraient « profité de manière corrompue » de plus de 2 milliards de dollars d’accords liés aux cryptomonnaies, « en violation des restrictions constitutionnelles sur l’acceptation d’argent étranger ». La plainte détaille deux opérations bien distinctes, mais étroitement liées.

Plainte Trump USD1 : un actionnaire de Circle vise Donald Trump et World Liberty Financial

J. Benjamin Greenberg agit dans le cadre d’une action dérivée intentée au nom de Circle, et non pour son seul compte. Il soutient que le président américain et sa structure World Liberty Financial, épaulés par plusieurs sociétés affiliées et par Steve Witkoff, auraient mis à profit leur exposition aux actifs numériques pour capter des flux financiers étrangers. Le texte de la plainte affirme qu' »aucun président dans l’histoire américaine n’a tiré profit de sa fonction avec autant d’effronterie », en visant un ensemble d’accords crypto liés aux Émirats arabes unis et au stablecoin USD1.

Circle, de son côté, prend publiquement ses distances et explique ne pas avoir initié, dirigé ou autorisé la procédure, même si elle est engagée en son nom. Une action dérivée permet justement à un actionnaire de poursuivre pour le compte de l’entreprise lorsqu’il estime que celle-ci a subi un préjudice et ne réagit pas. Les avocats de World Liberty Financial contestent les griefs et présentent ce nouveau dépôt comme « un communiqué de presse partisan » visant Donald Trump à l’approche d’échéances électorales. En face, l’avocat de Greenberg, Matt Pelikan, dénonce « une corruption flagrante » et dit vouloir « contraindre le président Trump à restituer ces bénéfices aux contribuables américains ». Pour l’heure, la Maison Blanche nie tout conflit d’intérêts et aucun juge n’a établi que les revenus évoqués étaient illégaux.

Les opérations crypto USD1 avec les Émirats au cœur des accusations

Le premier accord visé remonte à janvier 2025, quelques jours avant l’investiture de Donald Trump. Une société soutenue par le cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, accepte alors d’acquérir 49 % de World Liberty Financial pour 500 millions de dollars, soit un montant équivalent en euros. La moitié du prix devait être versée immédiatement, et des documents financiers laissent entendre qu’une part importante de ces fonds devait revenir à des entités liées à la famille Trump. La plainte affirme que Donald Trump a continué à percevoir des revenus issus de cette opération après son retour à la Maison Blanche, et demande à la justice de les analyser au regard de la Foreign Emoluments Clause, la clause constitutionnelle qui encadre l’acceptation d’avantages étrangers par les responsables fédéraux.

Accord Période Montant Acteurs clés Allégation centrale
49 % World Liberty Janvier 2025 500 M$ World Liberty, société liée à Tahnoon Avantage étranger au bénéfice du président
Investissement via USD1 2025 2 Md$ MGX, Binance, World Liberty Gonfler la valeur des avoirs crypto de Trump

La seconde opération contestée concerne le fonds d’Abou Dhabi MGX et la plateforme Binance. En 2025, ce fonds investit 2 milliards de dollars, soit un montant comparable en euros, dans Binance en réglant la transaction avec le stablecoin USD1 émis par World Liberty Financial. Selon Greenberg, ce choix de devise aurait renforcé la visibilité et l’activité de USD1 au détriment de l’USDC de Circle, tout en augmentant la valeur des avoirs en cryptomonnaies attribués au président. Il évoque même un stratagème destiné à booster les positions de Donald Trump sur ce marché, et voit dans l’ensemble des deux accords un total de 2,5 milliards de dollars, ou autant de milions d’euros, d’avantages étrangers potentiels.

Au cœur de la plainte Trump USD1 se trouve donc la question de savoir si ces flux financiers peuvent être assimilés à des émoluments étrangers visés par la Foreign Emoluments Clause. Greenberg demande au tribunal d’ordonner une comptabilité détaillée des paiements en cause, de forcer la restitution des profits qui seraient jugés illégaux et d’accorder des dommages et intérêts au bénéfice de Circle. Les juges devront aussi trancher si l’actionnaire a bien subi, via son entreprise, un préjudice lié à la montée d’USD1, ou si ces relations entre Maison Blanche, Émirats et actifs numériques restent dans le cadre de la loi américaine.

En bref

  • Le 22 octobre 2026, J. Benjamin Greenberg, actionnaire de Circle, dépose à Washington une action dérivée visant Donald Trump, World Liberty Financial et leurs partenaires.
  • La plainte décrit deux accords crypto conclus avec des entités des Émirats, impliquant le stablecoin USD1 et un investissement de MGX dans Binance, qui auraient apporté plus de 2,5 Md$ d’avantages étrangers présumés.
  • Les juges devront apprécier, à la lumière de la Foreign Emoluments Clause, si ces flux relèvent d’émoluments étrangers illégaux ou de simples opérations d’affaires contestées.
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