Pouvoir d'achat en chute malgré la baisse de l'inflation : l'explication de ce paradoxe qui exaspère les Français

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Pouvoir d’achat en chute malgré la baisse de l’inflation : l’explication de ce paradoxe qui exaspère les Français

Entre factures, panier de courses et plein d’essence, le pouvoir d’achat des Français craque et les émotions s’enflamment. Inquiétude, exaspération, colère : que disent vraiment les sondages et les renoncements du quotidien ?

Factures de rentrée, panier de courses, plein d’essence : pour beaucoup de ménages, chaque poste de dépense ressemble désormais à une nouvelle épreuve. Dans l’émission Les Éclaireurs, le malaise revient en boucle : entre l’inflation passée qui a laissé des traces et des prix qui ne redescendent pas vraiment, la colère monte face à la vie chère.

Au coeur de ce ras-le-bol, le pouvoir d’achat des Français reste la préoccupation numéro un. Selon les derniers sondages d’opinion, 61 % des personnes interrogées se disent inquiètes, 44 % exaspérées et 40 % carrément en colère, tandis que près de deux Français sur trois, soit 67 %, estiment que leur pouvoir d’achat a baissé ces derniers mois. Reste à comprendre comment ce malaise se traduit concrètement, du caddie au plein de carburant.

Colère et exaspération : quand le pouvoir d’achat des Français déraille

Les enquêtes réalisées par Elabe montrent que 67 % des Français jugent que leur pouvoir d’achat a reculé récemment, dont 35 % qui parlent d’une baisse « importante ». Une large majorité, 77 %, déclare se « serrer la ceinture », dont 21 % « beaucoup », au point de resserer encore un peu plus le budget du foyer. Pour 26 % des sondés, les fins de mois se traduisent par des découverts répétés, qui arrivent en moyenne dès le 17 du mois, bien avant la paie suivante.

Dans ces baromètres, les prix des achats du quotidien arrivent en tête des explications avancées, devant les dépenses fixes comme le loyer ou les factures d’énergie, puis les impôts et taxes, et enfin le niveau des salaires ou des retraites. La Banque de France rappelle pourtant que l’inflation moyenne a ralenti, passant autour de 5 % lors de l’épisode 2022-2023 à environ 2 % en 2024 puis 0,8 % en 2025. Mais l’institution parle de « séquelles » de cet épisode inflationniste : pour de nombreux ménages, la perception des hausses de prix reste forte, surtout sur l’alimentation et les carburants, d’où une colère qui ne retombe pas.

Vie chère : renoncements, carburants et système D au quotidien

Face à la vie chère, les arbitrages se multiplient. Selon un autre baromètre Elabe, 41 % des Français disent avoir renoncé à des achats de vêtements ou de shopping pour des raisons financières, 39 % à des sorties, 38 % à des vacances ou week-ends, 30 % à certains produits alimentaires et 28 % au fait de chauffer correctement leur logement. Dans ce climat, la suspicion de « profiteurs » alimente le débat public : « Des gens profitent de la situation économique », estime Alexandre Ouizille, porte-parole du PS, dans une séquence relayée dans Les Éclaireurs sur BFMTV. Beaucoup se tournent vers les promotions, les marques de distributeur ou réduisent les quantités achetées pour tenter de garder la main sur leur budget.

Indicateur Valeur Traduction au quotidien Source / date
Inquiétude, exaspération, colère 61% / 44% / 40% émotions dominantes à la rentrée Elabe, 2026
Pouvoir d’achat jugé en baisse 67% (dont 35% beaucoup) budget ressenti en recul Elabe, 2026
Ménages qui se serrent la ceinture 77% (dont 21% beaucoup) consommation réduite, achats reportés Elabe, jan. 2026
Découverts bancaires à répétition 26% ; 17 du mois fin de mois anticipée Elabe, jan. 2026
Renoncements loisirs, vacances, alimentation, chauffage 41% / 38% / 30% / 28% loisirs et confort sacrifiés Elabe, jan. 2026
Hausse des carburants 67% renoncent à des trajets déplacements et autres postes coupés Bonial-OpinionWay, mai 2026

Sur les carburants, la grogne est particulièrement visible : selon une étude Bonial-OpinionWay, 67 % des Français disent avoir déjà renoncé à des déplacements à cause du prix à la pompe et 81 % réduisent un autre poste de dépense pour pouvoir continuer à rouler, tandis que 73 % ont modifié leurs habitudes de courses. Le débat sur la fiscalité est d’autant plus sensible que les taxes représentent en moyenne 56 % du prix du litre, et que 65 % des personnes interrogées privilégient une baisse des taxes plutôt que des aides ciblées. Pour une partie de la droite, la réponse passe par ce type de soutien : « Il faut massifier les aides ciblées », martèle Céline Imart, Députée européenne (LR).

D’autres responsables mettent en avant un allègement direct sur des produits précis : « On propose la TVA à 0% sur 100 produits de première nécessité », explique Matthieu Valet, Député européen Rassemblement national. De son côté, la majorité insiste sur une stratégie de transition et de ciblage : « Le gouvernement est en train d’accélérer l’électrification », pour « assurer notre souveraineté », explique Eléonore Caroit, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. « Aider à court terme celles et ceux qui en ont le plus besoin, mais il ne faut pas oublier le long terme », explique Jad Zahab, Secrétaire national de Renaissance, porte-parole de Gabriel Attal, pour justifier ce choix. Sur l’alimentation, même tonalité avec l’idée de modifier les comportements : « Le chemin, c’est probablement de consommer mieux de la viande », affirme Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la Transition écologique, soutien de Gabriel Attal, alors que pour une partie des ménages la priorité reste simplement de pouvoir payer leurs courses et leurs factures.

En bref

  • À la rentrée 2026, les baromètres Elabe montrent une France inquiète, exaspérée et en colère, alors que le pouvoir d’achat des Français est jugé en fort recul.
  • Courses, carburants, loisirs : renoncements massifs, découverts précoces et effet domino des prix à la pompe alimentent un sentiment d’injustice face aux taxes et aux réponses politiques jugées insuffisantes.
  • Entre mémoire de l’inflation, séquelles sur le moral et débats sur aides ciblées ou baisse des taxes, l’article interroge ce qui peut réellement apaiser ce ras-le-bol.
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La rédaction Bourse Inside

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