Pouvoir d'achat : voici le montant exact qu'il manque aux Français chaque mois pour vraiment bien vivre

En 2026, le pouvoir d’achat repasse en tête des angoisses, et les Français évaluent à 512 euros par mois le manque pour vivre confortablement. Derrière ce chiffre, une flambée du carburant et des arbitrages budgétaires bien plus profonds se dessinent.
Après une année 2025 où l’inflation était restée limitée à 0,9 % en moyenne, les inquiétudes sur le portefeuille s’étaient un peu estompées. Mais avec des prix à la consommation qui repartent à 2,4 % en août 2026, le sujet revient brutalement au centre des conversations, comme le confirme le 15e baromètre du pouvoir d’achat Cofidis / CSA Research, réalisé en ligne auprès de 1 009 Français entre le 29 mai et le 8 juin 2026.
Ce sondage montre que le pouvoir d’achat est désormais la préoccupation numéro un de 42 % des personnes interrogées, loin devant la santé et la sécurité. Et surtout, les ménages chiffrent très précisément le manque : il leur faudrait en moyenne 512 euros par mois supplémentaires pour « vivre confortablement ». Reste à savoir comment les foyers font face à cet écart, et où se joueraient ces 512 euros.
Inflation, carburant et priorités : pourquoi 512 euros manquent chaque mois
Selon le baromètre Cofidis, six Français sur dix ont le sentiment que l’inflation s’accélère, soit une hausse de 26 points en un an, et ils sont autant à juger que cette hausse a un impact fort sur leur situation financière. « Après l’accalmie relative observée en 2025, cette édition 2026 montre que les tensions sur le pouvoir d’achat restent profondément ancrées », observe Mathieu Escarpit, directeur marketing Cofidis France, cité par BFM TV. Les prix à la consommation sont repartis à la hausse, à 2,4 % en août 2026, aprés 0,9 % en moyenne en 2025, ce qui nourrit ce ressenti de reprise de l’inflation.
Les principaux indicateurs de cette étude peuvent se résumer en quelques chiffres clés.
| Indicateur | Valeur 2026 | Évolution vs 2025 | Lecture rapide |
|---|---|---|---|
| Pouvoir d’achat priorité n°1 | 42 % | +4 points | Sujet devant santé, sécurité |
| Somme manquante pour bien vivre | 512 € | +5 € | Budget jugé insuffisant au quotidien |
| Inflation perçue en accélération | 60 % | +26 points | Sentiment de hausse durable |
| Hausse du carburant ressentie | 84 % | n.c. | Poste clé de tension budgétaire |
| Français à découvert au moins 1 fois/an | 39 % | +1 point | Fragilité de trésorerie des ménages |
Le carburant joue un rôle central dans ce retour de la tension. D’après l’étude, 84 % des Français constatent une hausse à la pompe et 56 % disent que cette augmentation pèse directement sur le budget de leur foyer. Les salaires n’ayant pas totalement rattrapé les chocs des années précédentes, cette flambée de l’énergie frappe des ménages déjà fragilisés, alors que l’État dispose de moins de marge de manœuvre pour baisser temporairement les taxes sur les carburants ou l’énergie.
À quoi serviraient 512 euros de plus, et comment les foyers s’adaptent
Interrogés sur l’usage de ces 512 euros par mois supplémentaires, les sondés répondent d’abord des postes très concrets : 44 % les consacreraient en priorité à l’alimentation, 26 % aux loisirs et 21 % au carburant. Loin d’un supplément de confort superflu, cette somme viserait donc surtout à absorber les dépenses courantes qui ont le plus augmenté. Dans le même temps, 66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dix dernières années et 54 % s’attendent encore à une nouvelle baisse. « Ce niveau reste relativement stable, mais il confirme que les projets ne disparaissent pas : ils s’inscrivent simplement dans un cadre de décision plus prudent et plus calculé », explique Cofidis, alors que 52 % des sondés prévoient malgré tout une dépense importante dans les douze prochains mois, financée surtout par l’épargne (60 %), le paiement fractionné (24 %) puis le crédit à la consommation (18 %).
Pour tenir, une majorité de ménages réduit déjà la voilure : 58 % déclarent couper dans les dépenses non essentielles, 54 % surveillent davantage les prix et 32 % envisagent de repousser certains projets. Près de quatre Français sur dix se retrouvent à découvert au moins une fois par an, pour un montant moyen de 383 euros, pendant que seuls 43 % réussissent à mettre de l’argent de côté et que 22 % se disent en difficulté financière. Les comportements évoluent aussi côté outils : 30 % des Français, et même 64 % des moins de 30 ans, utilisent déjà l’intelligence artificielle pour comparer les prix, analyser leurs dépenses ou anticiper leur épargne, signe que la gestion du budget devient un sujet de plus en plus outillé dans un contexte jugé durablement sous pression.
En bref
- Réalisé en ligne du 29 mai au 8 juin 2026 auprès de 1 009 personnes, le 15e baromètre Cofidis / CSA Research montre que 42 % des Français placent le pouvoir d’achat en priorité absolue.
- Les sondés estiment qu’il leur manque en moyenne 512 euros par mois pour vivre confortablement, un ressenti nourri par l’inflation perçue, la hausse du carburant et la montée des découverts bancaires.
- Entre réduction des dépenses non essentielles, usage croissant de l’IA pour gérer le budget et prudence sur les projets, cette étude esquisse un quotidien sous tension dont les effets à venir interrogent.








