Pouvoir d’achat : le diesel à 3€ le litre n'est plus un mythe, voici ce qui se cache derrière ce record historique

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Pouvoir d’achat : le diesel à 3€ le litre n’est plus un mythe, voici ce qui se cache derrière ce record historique

À Ostwald, près de Strasbourg, un litre de diesel frôle désormais les 3 € sur fond de Brent à 110 dollars et de capacités de raffinage sous pression. Entre records locaux, plein à plus 34 € et menace sociale, jusqu’où cette flambée peut-elle aller pour les automobilistes ?

Dans une station-service d’Ostwald, près de Strasbourg, un panneau affiche 2,999 € le litre de diesel sans soufre. Pour beaucoup d’automobilistes, voir le diesel à 3 € le litre ou presque n’était qu’un scénario de film catastrophe ; il est devenu réalité dans l’une des stations réputées comme les plus chères de France, avec un sentiment de sidération à la pompe.

Cette flambée n’est pas isolée : à Beaucé, en Ille-et-Vilaine, TF1 a relevé un diesel à 2,59 €/l, tandis que le SP95-E10 se vendait 2,42 €/l. Pour un plein de 50 litres, un conducteur paye ainsi 21,50 € de plus qu’à la même période l’an dernier pour l’essence, et 34 € de plus pour le diesel, selon la chaîne. De quoi faire vaciller le pouvoir d’achat de millions de foyers, alors que beaucoup se demandent maintenant jusqu’où les prix des carburants peuvent monter.

Record à Ostwald : un diesel à 2,999 €/L qui fait craindre les 3 €

Le prix affiché à Ostwald, 2,999 €/l pour le diesel sans soufre, frôle le seuil symbolique des 3 € et sert de révélateur. Cette station est connue pour pratiquer des tarifs parmi les plus élevés du pays, mais elle donne un aperçu concret de ce que pourrait devenir le quotidien des conducteurs si la tendance actuelle se prolonge. À Beaucé, où le diesel a déjà atteint 2,59 €/l et l’essance SP95-E10 2,42 €/l, un motard interrogé par TF1 résume le malaise grandissant : « La barre des 2,50 euros, déjà, elle fait mal. Donc on est partis pour rejoindre les 3 euros. Je pense qu’on y arrivera », a-t-il confié à la chaîne.

Indicateur Valeur Lieu ou marché Période
Diesel record 2,999 €/l Ostwald (près de Strasbourg) Récemment
Diesel relevé par TF1 2,59 €/l Beaucé (Ille-et-Vilaine) Reportage TF1
SP95-E10 relevé par TF1 2,42 €/l Beaucé (Ille-et-Vilaine) Reportage TF1
Gazole début septembre Environ 2,25 €/l France Début septembre
Baril de Brent Environ 110 dollars Marché mondial 16 septembre

Sur le reste du territoire, le gazole tournait encore autour de 2,25 €/l au début du mois, pour une essence proche de 2,08 €/l, rappelait Auto-Moto. Mais les anticipations se tendent déjà : BFM évoque désormais le risque d’un gazole à 2,53 €/l d’ici un mois si la situation internationale ne se détend pas. Dans ce climat, voir une station afficher presque 3 €/l agit comme un déclencheur psychologique, même si ce niveau reste pour l’instant l’apanage de quelques points de vente extrêmes.

Brent à 110 dollars, raffinage et guerre commerciale : ce qui pousse le diesel vers 3 €

En toile de fond, le prix du pétrole brut s’envole. Le baril de Brent, référence mondiale, frôle les 110 dollars en ce mercredi 16 septembre, contre environ 90 dollars le 1er septembre, soit une hausse de plus de 60 % sur un an, selon le site Prix du Baril relayé par Auto-Moto. La tension vient de nouvelles frappes au Moyen-orient et d’une absence de perspective rapide de résolution du conflit, ce qui entretient la flambée. « Plus rien n’est invraisemblable », avertissait Philippe Casbas, président de l’Union française des industries pétrolières, sur RMC, tout en jugeant un carburant à trois euros le litre « irréaliste » à court terme. Les prix avaient déjà connu des pics avec un Brent à 120 dollars au printemps 2022, voire presque 150 dollars en 2008, mais les tarifs à la pompe restaient alors « seulement » au-delà de 2 €/l.

Au delà du brut, ce sont les capacités de raffinage qui aggravent la situation. « Six à sept millions de barils par jour de capacité de raffinage ont été endommagés », affirmait Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates, à l’AFP, ce qui renchérit fortement le prix des produits raffinés comme le diesel et l’essence. Des experts cités par Euronews rappellent que même si la guerre prenait fin rapidement, une baisse du prix du brut ne se traduirait pas immédiatement par un répit à la pompe, à cause de ces goulets d’étranglement, de pénuries de produits finis et de stocks au plus bas. D’autres observateurs estiment au contraire qu’un accord politique crédible et la réouverture du détroit d’Ormuz pourraient faire reculer plus vite les prix du carburant. Sur le marché français, TotalEnergies a mis en place un plafond sur les prix dans ses stations depuis le 13 mars, que Patrick Pouyanné a promis de maintenir « tant que le conflit au Moyen-orient durera ». Cette stratégie permet au groupe, intégré sur toute la chaîne pétrole-raffinage-distribution, d’absorber une partie du choc, au prix d’un manque à gagner estimé entre 250 et 300 millions d’euros en cinq mois, mais elle tend aussi la concurrence : Dominique Schelcher dénonce « une forme de concurrence déloyale », tandis que Jacques Goisque alerte, pour les petites stations, que « plus ça dure et plus les petites stations-service se fragilisent ». Dans ce contexte de colère, le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer a déjà été bloqué et des appels à manifester le 17 octobre se multiplient, sur fond de barème à la pompe qui n’a jamais semblé aussi proche de la barre des 3 €.

En bref

  • À Ostwald, près de Strasbourg, le diesel atteint 2,999 €/L tandis que d'autres stations dépassent 2,50 €/L, sur fond de Brent autour de 110 dollars et d'une hausse de plus de 60 % en un an.
  • Entre brut en flambée, capacités de raffinage endommagées et stocks bas, les experts préviennent que même une accalmie géopolitique ne ferait pas retomber immédiatement un prix du diesel déjà majoré de 34 € par plein de 50 litres par rapport à l'an dernier.
  • Entre plafond commercial de TotalEnergies, fragilisation des petites stations, blocage du dépôt de Fos-sur-Mer et appels à manifester le 17 octobre, les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir du prix du diesel à la pompe.
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