Prix du gazole à 2,30€ : la décision de Bercy sur les taxes est tombée et elle va alourdir votre facture de plusieurs centaines d'euros

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Prix du gazole à 2,30€ : la décision de Bercy sur les taxes est tombée et elle va alourdir votre facture de plusieurs centaines d’euros

Essence à plus de 2,12 € le litre, gazole à 2,29 € : la flambée des prix du carburant, portée par un baril au-delà de 100 dollars, étrangle les automobilistes. Réunis à Bercy le 9 septembre 2026, gouvernement et distributeurs s’affrontent sur qui doit payer la hausse.

À la pompe, le compteur grimpe et les automobilistes le voient à chaque plein. Le litre de SP95-E10 dépasse 2,12 euros et le gazole frôle 2,29 à 2,30 euros, des niveaux proches des sommets de 2022, alors que le baril de pétrole est repassé au-dessus de 100 dollars, soit un peu plus de 90 €. En toile de fond, les tensions au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d’Ormuz renchérissent le coût du brut.

Depuis février 2026, le prix des carburants a grimpé d’environ 40 centimes par litre. Pour un conducteur qui parcourt 15 000 kilomètres par an, la hausse représente 600 à 800 euros de plus chaque année, quand un salarié effectuant 50 kilomètres aller-retour chaque jour voit sa facture augmenter de 48 euros par mois, soit 576 euros par an, selon L’Automobiliste. Au moment où Bercy réunit ce 9 septembre les distributeurs, la question est simple : qui va absorber cette facture supplémentaire ?

Prix des carburants au plus haut : l’addition pour les automobilistes

Fin février, essence et gazole tournaient autour de 1,72 euro le litre. Sept mois plus tard, le SP95-E10 dépasse 2,12 euros et le gazole atteint 2,29 euros le litre, soit environ 40 centimes de plus, selon L’Automobiliste. Pour un véhicule diesel consommant 6 litres aux 100 kilomètres, 15 000 kilomètres par an représentent 900 litres ; avec 40 centimes de plus par litre, cela ajoute au moins 360 euros par an, un surcout purement mécanique.

Pour les automobilistes qui roulent davantage, la note grimpe encore. L’Automobiliste rappelle que, pour ceux qui parcourent 20 000 kilomètres par an, la facture dépasse 600 euros. Un salarié qui effectue 50 kilomètres aller-retour par jour consomme 120 litres par mois ; avec 40 centimes de plus par litre, sa dépense mensuelle augmente de 48 euros, soit 576 euros par an, et un foyer possédant deux voitures peut voir son budget carburant bondir de 800 à 1 000 euros par an.

Profil Distance / usage Surcoût estimé Période Source
Conducteur 15 000 km/an 15 000 km/an 600 à 800 € par an L’Automobiliste
Conducteur 20 000 km/an 20 000 km/an plus de 600 € par an L’Automobiliste
Salarié 50 km AR/jour 50 km aller-retour/jour +48 € par mois (576 €/an) L’Automobiliste
Foyer 2 voitures usage courant annuel 800 à 1 000 € par an L’Automobiliste

Bercy refuse la baisse des taxes et le plafonnement des prix

Réunis ce mercredi 9 septembre à Bercy, les distributeurs ont entendu un message sans ambiguïté. Le ministère de l’Économie a rappelé qu’il était « défavorable » à des « mesures plus générales d’aides » face à la hausse des prix, en invoquant la « situation des finances publiques » qui ne permet pas, selon lui, de baisser les taxes sur les carburants, a indiqué Bercy, cité par Franceinfo. La part de l’État sur chaque litre vendu atteint environ 1,10 euro, dont 60 centimes de droit d’accise sur le gazole et 67 centimes sur l’essence, complétés par une TVA à 20 %, alors même que les ventes de produits pétroliers ont reculé de 5 à 7 % depuis le début de la crise.

Bercy met en avant des « aides ciblées sur les ménages et les entreprises les plus exposées », qui ont déjà coûté 1,4 milliard d’euros, avec un guichet pour les gros rouleurs prolongé jusqu’au 30 septembre et des ristournes de 15 centimes par litre pour les agriculteurs, 25 centimes pour les pêcheurs et 20 centimes pour le BTP, détaille Capital. En face, Dominique Schelcher, PDG des Coopératives U, pointe les raffineurs : « Au niveau du raffinage, les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre », tout en refusant un blocage des prix et en plaidant : « Il faut aller d’abord au bout des aides ». Michel-Édouard Leclerc juge pour sa part un plafonnement des prix « inéluctable » : « A un moment donné, ça va tellement peser sur la croissance, notamment sur l’agriculture, que les pouvoirs publics vont devoir être obligés de plafonner les prix », dit-il, après avoir estimé « peu probable » un carburant à 2,40 euros le litre et averti qu' »Il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait et si c’était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants, quelle qu’en soit la forme ». Le syndicat Mobilians met l’accent sur l’impôt : pour son président Francis Pousse, « la seule solution, c’est un geste de l’État sur la taxation des produits », même si « Pour les jours à venir, il n’y a rien, malheureusement, qui pourrait nous faire penser que ça va baisser », a-t-il expliqué à L’Automobiliste, tandis que Michel-Édouard Leclerc répète qu' »il est inéluctable que l’État doive intervenir pour plafonner les prix des carburants ». Dans ce climat tendu, le gouvernement a ouvert une enquête sur les marges des raffineurs et TF1Info souligne qu’un plafonnement général serait aussi une mesure très coûteuse pour les finances publiques.

En bref

  • Début septembre 2026, avec un baril repassé au-dessus de 100 dollars, essence et gazole dépassent 2,10 € le litre en France et renchérissent chaque plein.
  • La hausse de 40 c€/L depuis février fait grimper la facture annuelle de 360 à plus de 1 000 € selon les profils, tandis que Bercy refuse toute baisse de taxes ou plafonnement général.
  • Le gouvernement parie sur des aides ciblées et une enquête sur les marges des raffineurs, mais le bras de fer avec distributeurs et automobilistes ne fait que commencer.
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