Crédit immobilier : en mai 2026, les taux officiels repartent à la hausse et vos mensualités pourraient grimper, vos projets d’achat aussi
En mai 2026, les taux officiels des crédits immobiliers repartent nettement à la hausse, au-delà de 3,30 % sur 20 et 25 ans. Entre allongement des durées, règles du HCSF et menace de l’effet ciseau, les emprunteurs voient leur marge de manœuvre se réduire.

Depuis le début de l’année, de nombreux ménages espéraient que la parenthèse de taux plus cléments se prolongerait encore quelques mois. Les derniers chiffres publiés sur le crédit immobilier montrent pourtant que la tendance s’inverse : après plusieurs semaines d’accalmie, la courbe repart franchement à la hausse, au moment même où les projets d’achat pour la rentrée s’organisent.
En mai 2026, les taux moyens des prêts à l’habitat ont de nouveau grimpé sur toutes les durées, selon l’Observatoire Crédit Logement-CSA, pour revenir à des niveaux inconnus depuis la fin 2024. Sur 20 ans comme sur 25 ans, la facture augmente déjà de plusieurs milliers d’euros pour un emprunt standard, alors même que les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) restent strictes. Et ce n’est peut-être qu’un début.
Taux de crédit immobilier : où en est la hausse en mai 2026 ?
En mai, le taux fixe moyen d’un crédit immobilier en France s’établit à 3,12 % sur 15 ans, 3,34 % sur 20 ans et 3,37 % sur 25 ans, d’après les prêts effectivement signés recensés par l’Observatoire Crédit Logement-CSA, soit quelque 310 000 garanties par an. En un mois, la hausse atteint 0,06 à 0,07 point selon les durées : sur 20 ans, le taux est passé de 3,27 % en avril à 3,34 % en mai, sur 25 ans de 3,31 % à 3,37 %. Sur cette dernière durée, les taux « retrouvent des niveaux inédits depuis la fin 2024 », souligne l’Observatoire, qui qualifie la remontée de « rapide et non négligeable ». Concrètement, un emprunt de 200 000 euros sur 20 ans coûte désormais 1 144 euros par mois hors assurance, contre 1 136 euros un mois plus tôt, soit 1 709 euros de surcoût en intérêts sur la durée totale.
Pour un prêt de 250 000 euros sur 25 ans, la mensualité moyenne ressort à 1 234 euros hors assurance en mai, contre 1 226 euros en avril, soit 8 euros de plus chaque mois et 2 390 euros supplémentaires au total. Face à cette hausse legere en apparence, la réaction des ménages est nette : 44 % des crédits immobiliers sont désormais signés sur plus de 25 ans, et 36,3 % entre 20 et 25 ans. Plus de huit emprunteurs sur dix s’engagent donc sur au moins 20 ans, souvent pour rester sous le seuil de 35 % de taux d’effort imposé par le HCSF. Mais cet allongement a un coût : sur 250 000 euros, passer de 20 à 25 ans fait baisser la mensualité d’environ 200 euros (de 1 429 à 1 234 euros), au prix de 27 196 euros d’intérêts en plus, de 93 063 à 120 259 euros.
BCE, HCSF, taux d’usure : ce que change la remontée pour les emprunteurs
Cette reprise des taux de crédit immobilier intervient alors que la Banque centrale européenne doit relever ses taux directeurs de 0,25 point le 11 juin, dans un contexte d’inflation remontée à 3,2 % en mai dans la zone euro. Les banques ne répliquent pas mécaniquement la BCE : leurs barèmes dépendent aussi du coût de refinancement, des taux obligataires de long terme, de la concurrence et de leurs objectifs de production de crédit. D’ailleurs, selon les baromètres de marché, 60 % des grilles de taux de juin sont restées stables et certaines enseignes affichent encore des offres agressives, avec des prêts autour de 3,10 % sur 20 ans et 3,20 % sur 25 ans. Le courtier CAFPI indique néanmoins que les taux obtenus par ses clients ont légèrement progressé en mai, à 3,37 % sur 20 ans et 3,48 % sur 25 ans, confirmant la tendance de fond. De son côté, BPCE anticipe un taux moyen des crédits immobiliers à 3,43 % au quatrième trimestre 2026, contre 3,22 % en mars.
Ces quelques dixièmes de point en plus réduisent mécaniquement la capacité d’emprunt, à mensualité identique, surtout pour les dossiers déjà proches des 35 % d’endettement ou des plafonds du taux d’usure. Si les taux de marché montent plus vite que ces plafonds réglementaires, certains projets risquent d’être bloqués : un risque « effet ciseau », alerte Vousfinancer, cité par MoneyVox, avec des crédits plus coûteux d’un côté et des seuils d’usure qui n’évolueraient que lentement de l’autre. Dans ce contexte, disposer d’un bon profil reste décisif, car les meilleurs dossiers peuvent encore obtenir, selon CAFPI, des taux négociés de 2,90 % sur 10 ans, 3,00 % sur 15 ans, 3,15 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans au 1er juin 2026, ce qui limite l’impact de la remontée pour ceux qui parviennent à verrouiller rapidement leurs conditions.
En bref
- En mai 2026, l’Observatoire Crédit Logement-CSA relève en France des taux moyens de 3,12 % sur 15 ans, 3,34 % sur 20 ans et 3,37 % sur 25 ans, à des niveaux inédits depuis fin 2024.
- En un mois, la hausse de 0,06 à 0,07 point renchérit les mensualités, pousse plus de 80 % des emprunteurs à s’endetter sur au moins 20 ans et accentue le rôle des règles du HCSF et du taux d’usure.
- Entre remontée attendue des taux de la BCE, barèmes bancaires encore dispersés et meilleurs taux négociés autour de 3 %, les marges de manœuvre se réduisent mais restent stratégiques pour les projets de 2026.









