Encadrement des loyers : cette mesure qui vous fait gagner 1019€ par an arrive à échéance et pourrait faire flamber votre quittance dès 2026

À Paris, l'encadrement des loyers aurait permis d'économiser 350 millions d'euros en un an pour les ménages. À l'approche de son extinction entre le 23 et le 24 novembre 2026, douze villes se mobilisent pour éviter une flambée des loyers.
A Paris, un dispositif technique rarement discuté hors des cercles spécialisés a rapporté gros aux locataires. Selon l’Atelier parisien d’urbanisme, un ménage parisien a économisé en moyenne 1.019 euros entre juillet 2024 et juin 2025 grâce à l’encadrement du niveau des loyers, soit environ 85 euros par mois. Au total, cela représente « 350 millions d’euros de pouvoir d’achat conservé » en un an dans la capitale, souligne l’adjoint au logement Jacques Baudrier, cité par BFMTV. Derrière ces chiffres, un débat politique s’est emballé autour du pouvoir d’achat et de l’avenir de ce mécanisme.
Vendredi 11 septembre, Emmanuel Grégoire a réuni à Paris les représentants de douze villes et métropoles pour réclamer la poursuite de l’encadrement des loyers, son extension et même son renforcement. Introduit par la loi Alur de 2014 et appliqué à titre expérimental dans 70 communes, ce plafonnement pourrait en effet s’éteindre entre le 23 et le 24 novembre 2026 si aucun texte n’est voté d’ici là. Les élus redoutent une rupture nette, à la veille de l’hiver, pour de nombreux locataires, avec en toile de fond un calendrier parlementaire déjà sous pression.
Encadrement des loyers : 350 millions d’euros de pouvoir d’achat conservé à Paris
Pour les signataires, le bilan chiffré donne le ton. « L’encadrement des loyers n’est pas suffisant » pour résoudre la crise du logement « et n’est pas parfait, mais il est devenu essentiel », a expliqué Emmanuel Grégoire, ajoutant que « sa suppression se traduirait par des augmentations vertigineuses des loyers ». Les estimations de l’Apur suggèrent que, sur la période de juillet 2024 à juin 2025, le dispositif a réduit le niveau des loyers d’environ 4,9 % à Paris.
| Indicateur | Période | Montant |
|---|---|---|
| Économie moyenne par locataire | 07/2024 – 06/2025 | 1.019 € (Apur) |
| Gain moyen mensuel | 07/2024 – 06/2025 | 85 € (Apur) |
| Pouvoir d’achat conservé total à Paris | 07/2024 – 06/2025 | 350 M€ (Jacques Baudrier) |
Pour Jacques Baudrier, ces 350 millions d’euros cumulés en un an justifient que l’État laisse les collectivités poursuivre cet encadrement des loyers. Lors de la réunion parisienne, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a insisté sur le fait que « La diversité des territoires présents montre que cette mesure a du sens ». La maire de Rennes, Nathalie Appéré, a elle aussi voulu répondre aux critiques qui accusent le dispositif de raréfier l’offre locative, en rappelant qu’il existe « aussi une atrophie de l’offre et des difficultés à se loger à Rennes, où l’encadrement ne s’applique pas ».
Poursuite de l’encadrement des loyers : un dispositif expérimental qui arrive à échéance
Si la poursuite de l’encadrement des loyers inquiète autant les élus locaux, c’est parce que le cadre reste expérimental. Mis en place par la loi Alur, rétabli par la loi Elan puis prolongé par la loi 3DS, l’encadrement du niveau des loyers dans les zones les plus tendues ne vaut que pour une durée limitée. Les arrêtés applicables à Paris fixent une échéance entre le 23 et le 24 novembre 2026 selon les textes administratifs ; au-delà, les loyers de référence disparaîtraient si le Parlement ne vote rien. Pour éviter cette rupture, une proposition de loi portée par le député socialiste Iñaki Echaniz, déjà adoptée à l’Assemblée nationale, vise à prolonger et à pérenniser le dispositif, même si le gouvernement souhaite la limiter à deux ans.
| Territoire | Date de mise en place | Type de périmètre |
|---|---|---|
| Paris | 01/07/2019 | Ville |
| Lille, Hellemmes, Lomme | 01/03/2020 | Communes |
| Plaine Commune | 01/06/2021 | Intercommunalité |
| Lyon, Villeurbanne | 01/11/2021 | Villes |
| Est Ensemble | 01/12/2021 | Territoire intercommunal |
| Montpellier | 01/07/2022 | Ville |
Autour de ce cadre expérimental, la coalition réunit des villes déjà soumises à l’encadrement, comme Paris, Lille ou Lyon, et des communes qui souhaitent pouvoir l’activer, comme Marseille, Rennes ou Amiens. Pour l’adjointe marseillaise au logement Audrey Garino, il s’agit d’abord d' »une demande de nos habitants ». Le délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, Christophe Robert, a rappelé de son côté que « La parole du ministre est donnée, mais je reste très prudent car le calendrier est serré ». Dans les prochaines semaines, les regards se tourneront vers le Sénat, où se jouera la survie ou non de l’applciation de ces plafonds de loyers dans les grandes villes.
En bref
- À Paris, l’Atelier parisien d’urbanisme chiffre à 1 019 € par an l’économie moyenne liée à l’encadrement des loyers entre juillet 2024 et juin 2025, soit 350 M€ de pouvoir d’achat conservé.
- Le 11 septembre, Emmanuel Grégoire et les élus de douze villes ont appelé à la poursuite et à l’extension de ce dispositif expérimental, menacé d’extinction entre le 23 et le 24 novembre 2026 sans nouveau vote du Parlement.
- Entre batailles parlementaires, contournements via compléments de loyer et risque de hausses rapides, l’avenir de ce plafonnement pèsera directement sur le budget des locataires et des propriétaires.









