Loyer, crédit : le chiffre choc qui révèle pourquoi 4 Français sur 10 sacrifient le chauffage et l'alimentation pour se loger

Entre frigo vide et chauffage coupé, de plus en plus de ménages sacrifient l’essentiel pour payer loyer ou crédit. Cette enquête Ipsos bva révèle qui est le plus touché et quelles marges de manœuvre restent aux locataires comme aux propriétaires.
Dans de nombreux foyers, la fin du mois se joue désormais entre le frigo et le chauffage. Factures d’énergie, traites de crédit, loyers qui grimpent avec l’indice de référence des loyers : le poste logement s’impose comme la ligne la plus lourde du budget.
Une enquête Ipsos BVA réalisée pour franceinfo et Le Figaro Immobilier met en lumière à quel point la situation a basculé. Beaucoup de ménages ont du rogner sur l’alimentation ou sur l’énergie pour simplement garder un toit, jusqu’à faire passer certaines dépenses pourtant essentielles au second plan. Selon cette étude, 39 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé à des dépenses essentielles, comme l’alimentation ou le chauffage, pour pouvoir payer leur loyer ou leur crédit immobilier. Reste à comprendre comment on en est arrivé là, et quels leviers existent pour ne pas subir entièrement ce poids.
Quand le budget logement force à se priver de l’essentiel
La photographie dressée par Ipsos BVA est nette : 52 % des Français estiment que leurs dépenses de logement représentent une charge difficile à supporter, proportion qui grimpe à 62 % chez les locataires. Près de quatre sur dix disent s’être déjà privés de dépenses de base pour payer leur toit, confirmant que le budget logement pèse lourd sur la vie quotidienne.
Dans leur propre commune, 75 % des Français jugent difficile de trouver un logement à louer dans le parc privé et 64 % estiment compliqué d’acheter un bien immobilier. Le rêve de propriété reste fort, mais le prix des logements, le coût des crédits immobiliers et l’exigence d’un apport personnel important freinent de nombreux projets, alors même que 73 % jugent essentiel de disposer d’un logement bien isolé en hiver, 61 % accordent une importance essentielle au confort d’été et 62 % à une faible consommation énergétique.
IRL, aides au logement et encadrement des loyers : les leviers concrets
L’Indice de référence des loyers (IRL), publié chaque trimestre par l’Insee, sert de base à la hausse des loyers. Un propriétaire ne peut relever le loyer qu’une seule fois par an, uniquement si une clause du bail le prévoit, et il perd ce droit s’il ne fait pas la demande dans l’année qui suit la date de révision. La loi interdit toute révision pour un logement classé F ou G sur le DPE en métropole lorsque le bail est signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022, et dans les Dom pour les baux concernés depuis le 1er juillet 2024. Officiellement, le nouveau loyer se calcule en appliquant au loyer actuel le ratio entre l’IRL du trimestre de l’année en cours et celui du même trimestre un an plus tôt ; dans l’exemple donné par l’administration, un loyer de 600 € passe à 606,91 € entre 2025 et 2026. Le tableau ci‑dessous reprend quelques valeurs récentes de l’IRL.
| Zone | Année | Trimestre | Valeur IRL (+ variation) | Publication Insee |
|---|---|---|---|---|
| Métropole (continent) | 2025 | 2e trimestre | 146,68 (+1,04 %) | 11/07/2025 |
| Corse | 2025 | 2e trimestre | 144,56 (+1,04 %) | 11/07/2025 |
| Dom | 2025 | 2e trimestre | 145,27 (+1,04 %) | 11/07/2025 |
| Métropole (continent) | 2026 | 2e trimestre | 148,37 (+1,15 %) | 10/07/2026 |
| Corse | 2026 | 2e trimestre | 146,22 (+1,15 %) | 10/07/2026 |
| Dom | 2026 | 2e trimestre | 146,94 (+1,15 %) | 10/07/2026 |
Ces repères permettent à un locataire de vérifier si la hausse demandée respecte réellement les plafonds de l’IRL ou si elle dépasse le cadre légal. Le budget logement dépend aussi des aides : la Caisse d’allocations familiales ne verse pas d’aide au logement lorsque le propriétaire est un parent en ligne directe (père, mère, grands‑parents, enfants, petits‑enfants) du locataire ou de son conjoint, alors qu’un lien de parenté indirect ne bloque pas cette aide. Selon l’enquête Ipsos BVA, 83 % des Français approuvent l’extension de l’encadrement des loyers et 81 % un allègement de la fiscalité sur l’investissement locatif, tandis que 53 % privilégient la rénovation du parc existant, bien devant la construction de logements neufs citée par 17 % : autant de pistes pour que chacun n’ait plus à se priver de dépenses essentielles pour payer son logement.
En bref
- Réalisée les 7 et 8 octobre 2026 pour franceinfo et Le Figaro Immobilier, l’enquête Ipsos bva montre que 39 % des Français ont déjà rogné sur des dépenses essentielles pour payer leur logement.
- Entre poids croissant des loyers indexés sur l’IRL, difficulté d’accéder à un logement et factures d’énergie, locataires et propriétaires ajustent alimentation, chauffage et projets immobiliers.
- L’article détaille comment contrôler la légalité d’une hausse de loyer, éviter certaines erreurs sur les aides au logement et repérer les leviers soutenus par l’opinion pour respirer un peu.










