Livret A et LEP : dopée par l'inflation, la formule de calcul prépare une hausse bien plus forte que prévu pour votre épargne au 1er février 2027

Bloqués à 1,7 % pour le Livret A et 2,5 % pour le LEP jusqu'au 31 janvier 2027, vos livrets pourraient bondir dès le 1er février sous l'effet de l'inflation et du €STR. Mais l'arbitrage final du ministre de l'Économie reste une inconnue majeure.
Depuis le 1er août 2026, le Livret A rapporte 1,7 % et le Livret d’épargne populaire (LEP) 2,5 %. Des taux figés jusqu’au 31 janvier 2027, qui peuvent donner l’impression que rien ne bougera avant longtemps sur l’épargne réglementée. Sauf que, en coulisses, l’inflation et les taux de marché repartent à la hausse, et la mécanique de calcul des livrets commence à s’emballer.
Car la prochaine révision « normale » des taux interviendra le 1er février 2027. Et les derniers chiffres publiés par l’Insee et la Banque de France laissent entrevoir une hausse plus marquée que ce qui était anticipé il y a seulement quelques mois. De quoi changer sensiblement la donne pour les épargnants qui laissent dormir une partie de leur argent sur ces produits.
Taux du Livret A et du LEP : où en est-on avant le 1er février 2027 ?
Au 1er novembre 2026, le décor est simple : le Livret A comme le LDDS rapportent 1,7 % net d’impôt, et le LEP 2,5 %, rappelle Selectra. Ces taux s’appliquent du 1er août 2026 au 31 janvier 2027, sans révision intermédiaire. Le Compte épargne logement (CEL) suit lui aussi la trajectoire du Livret A, avec un ajustement prévu, là encore, au 1er février 2027. Entre-temps, les épargnants ne peuvent qu’observer les évolutions de l’inflation et des taux courts qui serviront de base au prochain calcul.
C’est l’arrêté du 27 janvier 2021 qui fixe la formule officielle de calcul. Le taux du Livret A correspond à la moyenne arithmétique entre la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et la moyenne semestrielle du taux interbancaire à court terme de la zone euro, l’€STR. Le résultat est arrondi au dixième de point le plus proche, avec un plancher de 0,5 %. Pour le LEP, la règle est encore plus interressante : son taux prend en principe le plus élevé entre le taux du Livret A majoré de 0,5 point et l’inflation. En cas de choc économique, le gouverneur de la Banque de France peut toutefois proposer de s’écarter de la formule, en évoquant des « circonstances exceptionnelles » ; le ministre de l’Économie tranche et officialise alors les nouveaux taux, quinze jours avant leur entrée en vigueur.
Inflation, €STR : pourquoi la hausse du Livret A et du LEP pourrait surprendre
Tout se joue sur la période de référence de juillet à décembre 2026. Sur le versant des prix, la dynamique s’est nettement renforcée. L’Insee a annoncé une inflation provisoire de 3,4 % en octobre 2026, bien au-dessus des projections établies quelques semaines plus tôt. Dans sa note de conjoncture du 10 septembre, l’institut visait une moyenne semestrielle d’inflation de 2,55 %, déjà relevée par rapport aux 2,40 % anticipés en juin ; désormais, cette moyenne « devrait se rapprocher des 2,70 % ». L’énergie en est un moteur majeur : les prix ont bondi de 21,3 % sur un an en septembre 2026, après +16,7 % en août et +12,6 % en juillet, ce qui pousse mécaniquement vers le haut la composante « inflation » de la formule du Livret A.
| Période observée | Indicateur | Chiffre clé | Institution | Impact sur le futur taux |
|---|---|---|---|---|
| Octobre 2026 | Inflation provisoire | 3,4 % | Insee | Tire la moyenne semestrielle vers le haut |
| Juin 2026 | Inflation moyenne prévue | 2,40 % | Insee | Ancienne base pour juillet–décembre |
| 10 septembre 2026 | Inflation moyenne prévue | 2,55 % | Insee | Prévision déjà relevée une fois |
| Fin 2026 (projection) | Inflation moyenne attendue | vers 2,70 % | Insee | Renforce la composante inflation du calcul |
| Fin 2026 (projection) | €STR en fin d’année | vers 2,40 % | Banque de France | Fait monter la composante taux courts |
Sur le volet des taux interbancaires, le mouvement est tout aussi net. Le principal taux directeur de la Banque centrale européenne, le taux de la facilité de dépôt, est passé de 2 % à 2,25 % en juin 2026, puis à 2,50 % en septembre, avant d’être maintenu lors de la réunion du 29 octobre. La BCE s’est même dite « ouverte à un nouveau resserrement monétaire », rappelle MoneyVox, laissant envisager une troisième hausse possible autour de la mi-décembre. L’€STR a suivi : il se situait à 2,06 % le 10 septembre et devrait s’approcher des 2,40 % en fin d’année, ce qui gonfle la moyenne semestrielle qui entrera dans la formule.
En combinant ces deux composantes, inflation et €STR, MoneyVox estime que le futur taux légal du Livret A au 1er février 2027 devrait se situer entre 2,50 % et 2,60 %, avec une probabilité plus forte autour de 2,50 %, contre 1,70 % actuellement. Mécaniquement, le LEP suivrait : avec l’écart minimum de 0,5 point, il remonterait à environ 3 % si ce scénario se confirmait, tout en restant au moins égal à l’inflation si celle-ci restait élevée. Il restera enfin une inconnue : le choix politique. Sur proposition du gouverneur de la Banque de France, le ministre pourra décider, ou non, d’appliquer strictement le résultat de la formule lors de l’arbitrage attendu à la mi-janvier 2027.
En bref
- Depuis le 1er août 2026, le Livret A affiche 1,7 % et le LEP 2,5 %, dans l'attente de leur prochaine révision programmée au 1er février 2027.
- La remontée plus forte que prévu de l'inflation et du €STR pousse la formule officielle vers un taux du Livret A autour de 2,5–2,6 % et un LEP proche de 3 %.
- Reste à voir si la Banque de France et le ministre de l'Économie appliqueront strictement ce calcul ou choisiront un coup de frein politique sur la hausse des livrets.










