CEE : ce mécanisme caché dans vos factures d'énergie pourrait vous coûter 50 € de plus par an dès 2026, selon l'UFC-Que Choisir

Par Paul Graph - Publié le

À partir du 1er janvier 2026, une ligne invisible pourrait alourdir d’environ 50 € par an la facture de gaz et d’électricité de millions de foyers. Que cachent vraiment ces certificats d’économies d’énergie devenus le nerf de la transition écologique ?

CEE : ce mécanisme caché dans vos factures d’énergie pourrait vous coûter 50 € de plus par an dès 2026, selon l’UFC-Que Choisir

En 2026, après les chocs successifs sur le gaz et l’électricité, une nouvelle hausse pourrait s’inviter discrètement sur les factures d’énergie des ménages : autour de 50 euros par an en moyenne. En cause, un mécanisme technique, presque invisible sur les factures mais central dans la politique de transition énergétique.

Ce mécanisme, ce sont les certificats d’économies d’énergie (CEE), créés en 2005 pour encourager les travaux d’isolation, de rénovation ou de changement d’équipement. « Les ménages financent ce dispositif sans vraiment le savoir « , alerte Clarisse Berger, chargée de mission énergie et logement à l’UFC–Que Choisir, citée par Notre Temps. Et à partir de 2026, la note pourrait encore grimper.

Certificats d’économies d’énergie : un système utile, mais surtout payé par les particuliers

Le principe est simple sur le papier : l’État impose aux fournisseurs d’énergie comme EDF, Engie ou TotalEnergies de pousser leurs clients à consommer moins, en finançant des travaux d’efficacité énergétique. Isolation d’un logement, remplacement d’une vieille chaudière, installation d’une pompe à chaleur… « Chaque fois qu’un fournisseur finance des travaux chez un particulier, il génère un certificat », résume Clarisse Berger. En échange de ces aides, les entreprises reçoivent des CEE qui prouvent qu’elles ont rempli leurs obligations.

En théorie, ce dispositif repose sur le principe du pollueur-payeur. Dans la pratique, le poids retombe surtout sur les foyers. Les fournisseurs répercutent le coût des primes sur les factures de gaz, d’électricité et même de carburant. « Par souci de compétitivité, les industriels sont peu mis à contribution. Dans les faits, ce sont les ménages qui supportent le poids du dispositif », explique encore Clarisse Berger. La Cour des comptes a estimé dans un rapport de 2024 que le coût des CEE représentait déjà 4,32 % de la dépense énergétique annuelle moyenne des ménages en 2023.

Pourquoi vos factures peuvent augmenter d’environ 50 euros en 2026

Les obligations des fournisseurs sont fixées par périodes de plusieurs années. La prochaine, la 6ᵉ période, démarrera le 1er janvier 2026. Un décret a relevé d’environ 27 % le volume total d’économies d’énergie que les entreprises devront financer à partir de cette date. « Mécaniquement, une hausse de l’obligation se traduit par une hausse sur les factures, puisque ce sont les ménages qui financent le dispositif », résume Clarisse Berger, qui regrette que « les pouvoirs publics réduisent progressivement le financement public de la rénovation énergétique et compensent en renforçant les obligations privées comme les CEE ».

Des estimations relayées par Radio France évoquent une hausse d’environ 50 euros par an en moyenne sur les factures de gaz et d’électricité à partir de 2026 pour de nombreux particuliers. Seraient surtout concernés les clients d’EDF, d’Engie ou de fournisseurs alternatifs dont les contrats ne sont pas à prix fixe. L’Union française des industries pétrolières a aussi indiqué que l’évolution des CEE pourrait entraîner une augmentation du prix du litre de carburant de 4 à 6 centimes à la pompe.

  • Les clients particuliers avec une offre indexée sur les tarifs du gaz ou de l’électricité pourraient voir leur facture augmenter.
  • Les automobilistes pourraient payer quelques centimes de plus par litre de carburant.
  • Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe seraient, eux, temporairement à l’abri de cette hausse liée aux CEE.

Cette hausse n’est pourtant pas entièrement automatique. « Ça relève vraiment de la stratégie commerciale des fournisseurs, de voir comment ils répercutent ça », a expliqué Clarisse Berger. Engie a déjà annoncé son intention de répercuter le coût supplémentaire sur ses tarifs, quand d’autres fournisseurs restent pour l’instant silencieux. Pour les consommateurs, déjà très solicités, l’incertitude demeure sur l’ampleur réelle de l’augmentation à venir.

Autre sujet de crispation, le manque de transparence. « Il n’y a aucune ligne CEE. Les ménages contribuent sans jamais en avoir connaissance, alors que leur participation est loin d’être négligeable », dénonce l’experte, l’UFC–Que Choisir réclamant un affichage clair de cette contribution sur les factures. Le gouvernement met en avant une autre lecture : « La plupart des énergéticiens ne répercutent que marginalement les CEE sur les consommateurs », a affirmé Roland Lescure, ministre de l’Économie, tout en accusant certaines industries pétrolières de se servir des certificats comme « une excuse pour augmenter leurs prix ». Le débat sur qui paie vraiment la transition énergétique est donc loin d’être refermé.

En bref

  • À partir du 1er janvier 2026 en France, le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) s’intensifie, sous le contrôle de l’État et des fournisseurs comme EDF, Engie ou TotalEnergies.
  • Cette 6ᵉ période, marquée par une hausse de 27 % des obligations CEE, pourrait alourdir en moyenne de 50 € par an les factures de gaz et d’électricité des ménages et renchérir aussi le carburant.
  • Entre critiques de taxe cachée, incertitudes sur la répercussion réelle par les fournisseurs et promesses de rénovation énergétique, chaque foyer doit évaluer s’il sera concerné et comment réagir.