Retraite : né entre 1964 et 1968 ? Ce changement inattendu au 1er septembre 2026 peut vous faire partir plus tôt

À partir du 1er septembre 2026, le gel partiel de la réforme des retraites change la donne pour les générations 1964 à 1968. Selon votre carrière longue et vos trimestres, vous pourriez avancer votre départ de plusieurs mois sans que ce soit si simple.
Le 1er septembre 2026 ne sera pas une date comme les autres pour les futurs retraités. Derrière la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023, un point très concret se joue : pour certaines générations, l’âge légal recule un peu… à l’envers, ce qui ouvre la porte à un départ quelques mois plus tôt que prévu.
La Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 fige en effet la montée en charge de la réforme à partir de cette date. L’élévation à 64 ans ne s’appliquera plus aux personnes nées en 1968, mais seulement à celles nées à partir de 1969, et plusieurs règles sont ajustées pour les carrières longues. Une question revient donc chez les actifs concernés : êtes-vous dans le camp de ceux qui vont vraiment gagner des mois de retraite ?
Suspension de la réforme des retraites : qui peut réellement partir plus tôt ?
Selon les textes qui entrent en vigueur au 1er septembre 2026, la suspension de la réforme de 2023 vise les pensions « prenant effet à partir du 1er septembre ». Autrement dit, c’est la date de début de versement de la pension qui compte, pas seulement votre dernier jour travaillé. L’âge légal se trouve alors figé à 62 ans et 9 mois pour les générations nées avant 1968, avant de remonter progressivement jusqu’à 63 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1968, tandis que l’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans.
Pour les assurés nés entre 1964 et 1968, ce gel se traduit par un recul un peu moindre de l’âge de départ que ce que prévoyait la réforme initiale. Un assuré né en 1964 pourra partir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans. Pour ceux nés au début de 1965, la suspension offre un gain plus marqué : ils pourront partir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois, soit six mois gagnés. L’âge légal de 64 ans ne concernera finalement que les personnes nées à partir de 1969, et non plus celles nées en 1968. Pour autant, ces gains ne deviennent réels que si la durée d’assurance exigée est atteinte au moment de la demande.
| Année / période de naissance | Âge légal au 1er septembre 2026 | Trimestres requis | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 | Âge figé jusqu’à fin 2027 |
| 1965 (janv.-mars) | 62 ans et 9 mois | 170 | Gain de 6 mois d’âge |
| 1965 (avril-déc.) | 63 ans | 171 | Calendrier allégé |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 | Âge intermédiaire |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 | Toujours avant 64 ans |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 | 64 ans réservé à 1969+ |
Carrières longues au 1er septembre 2026 : combien de mois pouvez-vous gagner ?
Le dispositif des carrières longues reste l’autre levier central pour partir plus tôt. Il s’adresse aux assurés qui ont commencé à travailler très jeunes, avant 16, 18, 20 ou 21 ans selon le cas, et qui totalisent un volume suffisant de trimestres « cotisés ». À partir du 1er septembre 2026, la suspension de la réforme s’articule avec ces règles : certains profils verront leur âge de départ anticipé légèrement reculer. Un exemple cité par les textes illustre ce basculement : une personne née en 1968 ayant commencé à travailler avant 20 ans pourra partir à 61 ans et trois mois, contre 61 ans et six mois auparavant.
Pour bénéficier de ce départ anticipé, il ne suffit pas d’avoir travaillé tôt : il faut, en général, avoir validé cinq trimestres avant la fin de l’année de ses 16, 18, 20 ou 21 ans (quatre trimestres pour les personnes nées en fin d’année), puis atteindre la durée totale d’assurance exigée. À partir de septembre 2026, une évolution interressante s’ajoute pour certains parents ayant droit à la carrière longue : jusqu’à deux trimestres de majoration pour enfant (naissance, éducation ou adoption) pourront de nouveau être pris en compte. En pratique, beaucoup d’assurés devront donc se poser trois questions très concrètes avant de viser un départ dès le 1er septembre 2026 : leur année de naissance, l’âge de début d’activité et le nombre exact de trimestres réputés cotisés. Une vérification fine du relevé de carrière auprès de l’Assurance retraite ou de la Carsat, plusieurs mois avant la date souhaitée, reste le seul moyen d’éviter qu’un départ au 31 août ou au 2 septembre ne fasse basculer tout le calendrier de retraite.
Sources
En bref
- Au 1er septembre 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 suspend partiellement la réforme des retraites et modifie l’âge légal pour les générations 1964 à 1968.
- Cette suspension fige un âge légal compris entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, repousse les 64 ans aux seuls nés dès 1969 et allège certains départs anticipés en carrière longue.
- Pour en tirer parti, il faut valider suffisamment de trimestres, notamment jeunes, vérifier son relevé auprès de l’Assurance retraite et caler la date d’effet de sa pension autour du 1er septembre 2026.









