Taxe d'habitation : cette candidate PS de Maisons-Alfort veut la rétablir pour faire baisser la taxe foncière, ce que cela changerait pour vous

Par Paul Graph - Publié le

À Maisons-Alfort, une avocate socialiste relance la taxe d’habitation pour soulager des propriétaires étranglés par la taxe foncière. Sa formule, annoncée avant les municipales de 2026, pourrait rebattre les cartes entre locataires et propriétaires.

Taxe d’habitation : cette candidate PS de Maisons-Alfort veut la rétablir pour faire baisser la taxe foncière, ce que cela changerait pour vous

La disparition de la taxe d’habitation sur les résidences principales, actée en 2023 sous la présidence d’Emmanuel Macron, n’a pas apaisé tout le monde. Entre hausse de la taxe foncière et sentiment d’injustice chez certains propriétaires, le sujet continue de gronder dans beaucoup de foyers.

C’est dans ce climat que l’avocate socialiste Cécile Panassac, candidate aux municipales à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), remet sur la table le retour de cet impôt local, mais dans une version revisitée, qu’elle veut « plus solidaire et plus progressive », résume-t-elle au Parisien. Une idée locale qui vise bien plus large qu’une seule commune.

Retour de la taxe d’habitation : ce que propose Cécile Panassac

Dans le schéma actuel, la suppression de la taxe d’habitation a concentré la pression fiscale sur la seule taxe foncière, payée par les propriétaires occupants ou bailleurs. Cette taxe, acquittée par 32 millions de propriétaires, « s’est envolée d’environ 40% » en dix ans, selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Pour Cécile Panassac, cette évolution frappe de plein fouet des ménages loin d’être aisés : « il y a beaucoup de propriétaires modestes, notamment des retraités avec une petite pension. Un propriétaire sur 20 vit sous le seuil de pauvreté alors que la moyenne nationale est de 3%. »

Face à ce constat, la candidate socialiste défend l’idée d’une nouvelle taxe d’habitation, recentrée sur la résidence principale mais aménagée pour mieux tenir compte des situations de chacun. Elle insiste toutefois sur le fait qu’elle ne peut, à son niveau, qu’ouvrir le débat : « Ce n’est qu’une proposition, puisque l’instauration d’une nouvelle taxe, même locale, ne peut être votée que par le Parlement, reconnaît la candidate socialiste qui siège au conseil municipal de Maisons-Alfort. » Une façon de dire que son projet reste pour l’instant un signal politique adressé aux élus nationaux et aux Français interessés par leur feuille d’impôts locaux.

Une nouvelle taxe d’habitation contre une baisse de la taxe foncière

Dans son programme pour Maisons-Alfort, Cécile Panassac lie étroitement le retour de la taxe d’habitation à un allègement de la taxe foncière, qu’elle juge « injuste » pour les habitants de la ville. Elle promet, si elle est élue, de mettre en place ce schéma « dès la fin des municipales en mars prochain », en réintroduisant une taxe d’habitation nouvelle formule tout en abaissant le poids de la taxe foncière pour les propriétaires les plus exposés. Elle explique vouloir avant tout « susciter le débat », y compris au-delà du Val-de-Marne, sur la manière de mieux répartir la charge des impôts locaux entre locataires et propriétaires.

Pour amorcer le financement de cette réforme locale, l’avocate au barreau de Paris prévoit des économies de l’ordre de 4 millions d’euros sur la commande publique de la commune. Son initiative intervient alors qu’un sondage de la Fondation Jean-Jaurès et d’OpinionWay, cité par Le Parisien, indique que 39% des Français se disent favorables au rétablissement de la taxe d’habitation si cela permet d’améliorer les services publics locaux, 73% jugeant ces services sous-dotés et 41% déclarant rencontrer des difficultés d’accès. Reste à voir si cette proposition venue de Maisons-Alfort parviendra à trouver un écho à l’Assemblée nationale, seule habilitée à faire renaître la taxe d’habitation sous une forme ou une autre.

En bref

  • Depuis la suppression de la taxe d’habitation en 2023 et la forte hausse de la taxe foncière, l’avocate socialiste Cécile Panassac, candidate à Maisons-Alfort pour les municipales 2026, veut rouvrir le débat sur la fiscalité locale.
  • Elle propose une nouvelle taxe d’habitation, plus solidaire et progressive, pesant surtout sur les locataires en échange d’une baisse de la taxe foncière pour les propriétaires, financée par 4 millions d’euros d’économies sur la commande publique.
  • Ce projet local, qui ne pourrait voir le jour qu’après un vote du Parlement, nourrit déjà un débat national sur le retour de la taxe d’habitation, le pouvoir d’achat des ménages et le financement des services publics locaux.