Toutes les 15 secondes, un délinquant s’en prend à ce bien que les Français chérissent : ce que révèlent vraiment les chiffres 2023 de l’Insee sur le logement
En France, l'Insee révèle qu'un délinquant s'attaque toutes les quinze secondes à un bien central du quotidien des ménages. Que disent vraiment ces chiffres sur la sécurité des foyers à l'approche des élections ?

Entre insécurité, pouvoir d’achat et inquiétude pour l’avenir, les sujets sensibles ne manquent pas à l’approche des prochaines élections. Dans le débat public, la délinquance revient en boucle, avec d’un côté ceux qui parlent d’explosion des violences et, de l’autre, ceux qui relativisent en évoquant un simple « sentiment d’insécurité ». En toile de fond, une statistique frappe pourtant les esprits : en France, toutes les quinze secondes, un délinquant s’en prend à un bien auquel les ménages tiennent plus que tout.
Ce chiffre ne vient pas d’un slogan de campagne, mais d’une étude de l’Insee, intégrée au récent Portrait Social 2025 et fondée sur l’enquête nationale « Vécu et ressenti en matière de sécurité ». Loin des polémiques, ces données montrent qu’en 2023, le bien le plus touché par la délinquance est tout simplement le logement des Français, du studio urbain au pavillon de banlieue. Et les chiffres 2023 dessinent un paysage bien particulier.
Insécurité : ce que les chiffres de l’Insee révèlent sur les logements
Selon cette enquête, le risque ne se résume pas à quelques faits divers spectaculaires. En 2023, 1 516 000 ménages ont déclaré avoir subi un vol ou une tentative de vol avec effraction dans leur résidence principale. À ces intrusions avec porte fracturée ou fenêtre forcée s’ajoutent 616 000 vols ou tentatives de vol sans effraction déclarés, par exemple lorsqu’un cambrioleur profite d’une porte mal fermée ou de la présence d’un double des clés. Au total, ce sont donc 2 132 000 atteintes qui ont visé directement le logement des Français en une seule année.
Rapporté au nombre de secondes que compte une année civile, soit environ 31,5 millions, ce volume d’atteintes donne une mesure très concrète de l’exposition des foyers. En combinant tous ces faits déclarés, l’Insee aboutit à une fréquence saisissante : une habitation est visée en moyenne toutes les 14,8 secondes, qu’il s’agisse d’un vol consommé, d’une tentative avortée, avec ou sans effraction. Autrement dit, chaque minute, plus de quatre foyers voient leur intimité violée ou leurs biens fouillés, souvent en leur absence.
Atteintes au logement : un phénomène massif mais discret
Les vols et tentatives de vols ne représentent pourtant qu’une partie des nuisances subies par les ménages. L’étude recense aussi 1 141 000 actes de vandalisme visant directement le logement : vitres brisées, boîtes aux lettres détruites, portes dégradées, parties communes détériorées. En additionnant l’ensemble de ces faits, on dépasse 3,2 millions d’événements liés à l’habitation principale en 2023. Pour les occupants, ces atteintes ne se limitent pas à une perte matérielle, elles touchent au sentiment de sécurité chez soi.
En s’en tenant strictement aux chiffres, l’ampleur des atteintes à la résidence principale apparaît comme un phénomène massif, régulier et stable, sans pic exceptionnel mais sans amélioration notable. Le nombre de tentatives ou d’effractions, supérieur à deux millions, traduit un niveau d’exposition élevé et homogène sur l’ensemble du territoire couvert par l’enquête : tous les foyers sont potentiellement concerné, qu’ils vivent en appartement ou en maison, en ville ou dans une petite commune. Le logement reste l’un des biens les plus exposés à la délinquance, une réalité statistique qui s’impose d’elle-même, loin des seules impressions ou rumeurs, et qui rappelle en permanence la place prise par l’insécurité du domicile dans le quotidien des Français.
En bref
- À l'approche des élections, une enquête Insee fondée sur le dispositif Vécu et ressenti en matière de sécurité révèle l'ampleur des atteintes au logement en 2023.
- En additionnant vols avec ou sans effraction et actes de vandalisme, plus de 3,2 millions d'événements ont visé la résidence principale des ménages, soit une habitation attaquée toutes les 14,8 secondes.
- Derrière ces chiffres se dessine un phénomène massif, discret et durable qui interroge le sentiment de sécurité à domicile et la manière dont chaque foyer peut s'y préparer.









